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Kigelia africana (Lam.) Benth.

Protologue
Hook., Niger Fl.: 463 (1849).
Famille
Bignoniaceae
Nombre de chromosomes
n = 20, 21, 2n = 40
Synonymes
Kigelia aethiopica Decne. (1845), Kigelia pinnata (Jacq.) DC. (1845).
Noms vernaculaires
Saucissonnier, faux baobab (Fr). Sausage tree, cucumber tree (En). Mvungunya, mwegea, mwicha, mranaa (Sw).
Origine et répartition géographique
Kigelia africana est présent partout en Afrique tropicale, particulièrement dans les régions sèches. On le trouve aussi en Afrique du Sud (Province du Nord, Kwazulu-Natal) et au Swaziland, mais pas en Mauritanie, São Tomé-et-Principe, ni dans les îles de l’océan Indien. Il a été introduit à des fins ornementales au Cap-Vert et à Madagascar, ainsi qu’en Iraq, au Pakistan, en Inde, en Chine, en Asie du Sud-Est, en Australie, à Hawaii et en Amérique centrale et du Sud.
Usages
Kigelia africana est largement utilisé partout en Afrique à des fins multiples, mais particulièrement en médecine locale, et plus récemment dans des préparations commerciales pour traiter différentes maladies de la peau. Parmi les maladies contre lesquelles la plante est utilisée, on peut citer les syncopes, l’anémie, la drépanocytose, l’épilepsie, les insuffisances respiratoires, les problèmes hépatiques et cardiaques, et les maladies nutritionnelles telles que le kwashiorkor, le rachitisme, le dépérissement et la faiblesse. Les feuilles sont parfois utilisées pour préparer un tonique général afin d’améliorer la santé et la croissance. Des préparations aqueuses de fruit sont appliquées en bain ou en friction pour favoriser le gain de poids des petits enfants.
Les racines, l’écorce, les feuilles, les tiges, les rameaux et les fruits sont utilisés pour traiter les désordres digestifs. L’administration se fait typiquement par ingestion orale ou en lavement. Les racines, l’écorce et les fruits mûrs ou non sont utilisés comme laxatif ou comme émétique, pour traiter les désordres digestifs chroniques et aigus et les infections gastriques. Des remèdes contenant les fruits de Kigelia africana et Capsicum ou Anthocleista sont pris en interne pour soulager la constipation et les hémorroïdes.
Les infections de l’appareil génito-urinaire, et particulièrement les maladies vénériennes, sont traitées et par voie interne et par voie externe avec des préparations de racines, d’écorce, de feuilles, de tiges et de rameaux. En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale on boit du vin de palme, dans lequel on fait macérer de l’écorce séchée et écrasée, pour soigner la syphilis. Les maladies vénériennes infantiles sont traitées conjointement par une boisson et un bain préparés à partir d’une décoction d’écorce. Un produit commercial contenant de l’écorce de Kigelia africana est utilisé pour traiter les infections à Candida albicans. En Côte-d’Ivoire, on traite les affections des reins et de la vessie avec des médicaments contenant de l’écorce et des feuilles de Kigelia africana ainsi que plusieurs autres plantes médicinales.
Kigelia africana est largement utilisé pour soigner les affections gynécologiques. Des préparations aqueuses de racines, de fruits et de fleurs sont administrées oralement ou comme pessaire vaginal. Les fruits et l’écorce sont utilisés pour améliorer le développement de la poitrine des jeunes femmes, ou au contraire pour réduire le gonflement et la mastite du sein. Les fruits sont en outre utilisés comme galactagogue. L’écorce et les feuilles en décoction sont administrées comme abortif.
Des problèmes sexuels comme la stérilité, le manque de libido, l’asthénie sexuelle et l’impuissance sont traités avec des médicaments contenant les fruits, les racines ou les feuilles. Une petite quantité de fruit immature est mâchée, ou une préparation aqueuse est prise par voie orale comme stimulant sexuel, et la bière traditionnelle enivrante à laquelle le fruit est ajouté est consommée comme boisson aphrodisiaque. On dit qu’un usage excessif de Kigelia africana pour traiter les problèmes sexuels masculins induit l’éléphantiasis scrotale, bien que dans certaines régions les fruits soient utilisés pour remédier à ce problème.
Des poudres et des infusions d’écorce, de feuilles, de tiges, de rameaux ou de fruits sont utilisées pour nettoyer et panser les blessures superficielles et les plaies ouvertes. Beaucoup de pansements, de traitements locaux et d’infusions contenant Kigelia africana sont aussi utilisés pour leurs propriétés analgésiques et anti-inflammatoires. L’écorce, les tiges, les rameaux, les feuilles et les fruits sont infusés et absorbés par voie orale, ou appliqués localement, pour soulager le rhumatisme, les entorses, les hématomes, et les contusions; une décoction de fruit et d’écorce est utilisée pour soulager le mal de dents et le mal de tête. Des antidotes aux morsures de serpent sont préparés à partir d’une infusion de fruits, de tiges, de feuilles, de rameaux ou d’écorce, et sont administrés par voie orale ou frictionnés sur la morsure. On utilise une décoction de fruit pour soigner les oedèmes des jambes.
On utilise Kigelia africana pour soigner des maladies infectieuses dont la lèpre, l’impétigo et les vers du sang. Des problèmes et infections cutanées telles que le panaris, les kystes, l’acné et les furoncles, sont traités par des médicaments traditionnels contenant les fruits et moins fréquemment l’écorce. On traite l’irritation des yeux avec des gouttes à base de jus de fleur mélangé dans de l’eau. Des produits fabriqués commercialement sont utilisés pour soulager les symptômes ou guérir les conditions de peau dont, entre autres, les coups de soleil, les éraflures, le psoriasis, l’irritation du cuir chevelu et l’érythème fessier. Une crème antimicrobienne à large spectre, réputée efficace contre un certain nombre d’infections microbiennes communes est produite à partir de l’écorce. Les infestations fongiques telles que la teigne, les mycoses et le pied d’athlète sont lavées avec l’eau dans laquelle de l’écorce a macéré, et des préparations contenant des feuilles et des fruits sont appliquées localement. Une décoction de racines est administrée contre les infections parasitaires internes, notamment le ténia.
Kigelia africana est utilisé tant en médecine classique que traditionnelle pour soigner les néoplasmes malins telles que le mélanome de la peau, les tumeurs et le cancer du sein. Parmi les préparations traditionnelles, on trouve des extraits, des cataplasmes et des poudres de l’écorce ou des fruits; des crèmes d’application locale contenant des extraits de fruits sont produites à des fins commerciales.
Les fruits et parfois d’autres parties de la plante sont aussi beaucoup utilisés en médecine ethnovétérinaire pour traiter les désordres du tube digestif, les oedèmes des pieds, les irritations et infections cutanées, la mastite et la rétention du placenta. La brucellose et la maladie de Newcastle sont aussi soignées par Kigelia africana.
Kigelia africana offre une source de nourriture durant les périodes de famine: les graines dures sont grillées avant d’être mangées. On dit cependant que la pulpe du fruit est non-comestible et toxique, qu’elle peut avoir un effet stupéfiant ou purgatif, et causer des cloques sur la langue et la peau. Cependant, les fruits tombés de même que les feuilles et les fleurs sont broutés par le bétail et le gibier. Les fruits et l’écorce sont utilisés en brasserie pour aider la fermentation et augmenter le goût des bières traditionnelles, souvent mélangés avec des racines d’Aloe spp. en proportions variables.
Le bois est considéré comme excellent pour la construction des pirogues, de planches et de piquets de clôture. Il est aussi utilisé pour la fabrication de caisses, de tambours, de tabourets, de jougs, de manches d’outils, de mortiers et de grands abreuvoirs pour le bétail. Des arcs sont fabriqués à partir de ses branches, et les plus petites branches sont évidées pour administrer des lavements aux enfants. On sculpte le bois et les fruits pour fabriquer des souricières, des poupées, et différents objets de cuisine et de coutellerie. Le bois est utilisé comme combustible. Un colorant noir est obtenu à partir de la pulpe du fruit riche en tanin. A cause de ses fruits exceptionnels et de ses grandes fleurs, Kigelia africana est considéré comme une plante ornementale remarquable, et ses fruits sont utilisés en art floral. Son gros tronc est une caractéristique intéressante dans l’art du bonsaï. On le plante parfois comme marque de bornage, mais généralement le long des routes et pour procurer de l’ombre. Par sa présence le long des cours d’eau, il contribue au contrôle de l’érosion et à la stabilisation des berges.
Kigelia africana est considéré comme sacré dans de nombreuses régions; il abrite des réunions religieuses, et les fleurs et les fruits sont considérés comme des fétiches. Les fruits sont couramment vendus sur les marchés comme porte-bonheur pour apporter la richesse et la prospérité, pour donner force et courage aux guerriers avant la bataille, pour augmenter le rendement des cultures, et comme fétiche pour la fécondité, ou encore pour éviter les tornades.
Production et commerce international
Kigelia africana a une valeur de subsistance dans la plupart des régions d’Afrique; les fruits et l’écorce sont collectés et commercialisés localement sur les marchés. Sa valeur commerciale est due à la production industrielle de produits pharmaceutiques, pour lesquels les fruits sont récoltés sur des arbres spontanés, et l’écorce sur de jeunes arbres cultivés au Zimbabwe.
Propriétés
L’utilisation de Kigelia africana en médecine africaine traditionnelle est dans certains cas validée par des propriétés pharmacologiques correspondantes. Parmi les substances phytochimiques découvertes dans les extraits de Kigelia africana, les groupes de composants auxquels l’activité est la plus fréquemment attribuée sont les naphtoquinones et les iridoïdes. Les extraits d’écorce, de bois, de racines et de fruits possèdent des propriétés antibactériennes et antifongiques. Ces extraits montrent des effets inhibiteurs significatifs in vitro contre les bactéries Gram-négatives et Gram-positives communes, et la levure Candida albicans. Parmi les naphtoquinones isolées dans les extraits de fruit et de racine, la kigélinone a montré une activité antimicrobienne notable. Les iridoïdes et les dihydroisocoumarines présentes dans les extraits d’écorce, de fruit et de racine pourraient augmenter l’effet antimicrobien des naphtoquinones. D’autres composants antimicrobiens actifs présents dans l’écorce et le fruit sont les phénylpropanoïdes suivants: l’acide cafféique, l’acide p-coumarique et l’acide férulique. Les naphtoquinones sont responsables de l’activité antiprotozoaire de l’écorce de racine contre les trypanosomes.
Kigelia africana est réputé pour ses propriétés anticancéreuses, et un screening en laboratoire a confirmé une activité anticancéreuse in vitro. Des extraits de fruit montrent des effets significatifs contre des tumeurs induites chez les souris. Des extraits de fruit et d’écorce ont montré une efficacité modérée contre des lignées de cellules de mélanomes. Des extraits de fruits séchés ont provoqué des réponses cytotoxiques plus faibles que ceux de fruits frais, indiquant que les principes actifs pourraient être thermolabiles. Les naphtoquinones lapachole et isopinnatal, découvertes dans certains extraits d’écorce, de bois, de fruit et de racine, montrent une activité antinéoplastique contre les lignées de cellules de mélanome. Les stérols et les iridoïdes sont omniprésents dans la plante et pourraient être un facteur de l’efficacité contre le mélanome. Les naphtoquinones et stérols isolés dans les extraits de racine suggèrent un potentiel anticancéreux, cependant, l’activité in vitro n’est pas confirmée. La cytotoxicité de l’écorce de racine que l’on a observée dans l’essai à l’Artemia a été attribuée à la présence de γ-sitostérol. L’utilisation de fruits à des fins anti-inflammatoires est soutenue par les effets contre l’inflammation induite dans des pattes de rats. On pense que les dérivés d’acide cinnamique sont responsables des propriétés antispasmogènes pour lesquelles Kigelia africana est utilisé afin de prévenir les crises d’épilepsie.
Les feuilles et les fruits contiennent des flavonoïdes. Une concentration élevée en flavonoïdes pourrait être responsable des propriétés antidiarrhéiques, encore améliorées par les constituants antimicrobiens. Des études préliminaires ont montré un effet préventif des extraits de feuilles contre la diarrhée chez des rats de laboratoire, ce qui contraste avec l’utilisation de Kigelia africana comme laxatif. L’écorce et les feuilles ont un goût amer, et on a signalé que l’écorce contient une substance amère. Des essais de toxicité aiguë indiquent que les fruits ne sont pas toxiques, bien qu’ils soient réputés très vénéneux. Les tanins présents dans l’écorce et le fruit donnent un colorant foncé et astringent. Le jus de fruit peut tacher momentanément les mains en brun.
Le bois est blanchâtre ou jaunâtre avec un cœur brun pâle à jaune rougeâtre, modérément lourd (environ 720 kg/m² à une teneur en eau de 15%), facile à travailler et il se polit bien. Il n’a cependant pas de valeur commerciale. Sa valeur énergétique est de 15–17 MJ/kg.
Description
Arbre semi-caducifolié, de petite à moyenne taille, jusqu’à 25(–35) m de haut; tronc jusqu’à 60 cm de diamètre, portant des ramifications longues et basses; écorce grise, lisse ou écaillée; cime arrondie. Feuilles opposées ou verticillées, habituellement en verticilles de 3, généralement rassemblées vers l’extrémité des branches, imparipennées, jusqu’à 60 cm de long; stipules absentes; pétiole jusqu’à 15 cm de long, rachis jusqu’à 25(–29) cm de long; folioles 5–13, les folioles latérales subopposées, subsessiles, excepté la foliole terminale, ovales, elliptiques, obovales à arrondies, de 3,5–17,5(–22,5) cm × 2,5–11 cm, base arrondie à cunéiforme, plus ou moins asymétrique, apex arrondi ou rétus ou plus ou moins en pointe, à bord entier, dentées en scie, dentées ou ondulées, papyracées à coriaces, glabres à plus ou moins poilues sur les deux faces, avec (4–)6–13 paires de nervures latérales. Inflorescence: panicule très lâche, terminale, pendante, jusqu’à 100(–150) cm de long, avec un long pédoncule. Fleurs bisexuées, de très grande taille; pédicelle jusqu’à 11(–13,5) cm de long, recourbé vers le haut à l’extrémité; calice légèrement tubulaire à campanulé, long de 2–4,5 cm, irrégulièrement 4–5-lobé; corolle en forme de coupe large, longue de 6–12 cm, tube cylindrique à la base s’élargissant brusquement et s’incurvant vers le haut, limbe à 2 lèvres, la lèvre supérieure bi-lobée, l’inférieure tri-lobée et recourbée, lobes arrondis, d’abord jaunâtre, devenant plus tard rougeâtre à violacé avec des stries plus foncées; étamines 4, didynames, adnées au tube de la corolle, longues de 4–7,5 cm, et une staminode; disque annulaire, épais; ovaire supère, à une loge, jusqu’à 1,5 cm de long, avec 2 placentas pariétaux, style filiforme, jusqu’à 7 cm de long. Fruit: grande baie, pendante, en forme de saucisse, jusqu’à 100 cm × 18 cm, et pesant jusqu’à 12 kg, avec un pédoncule jusqu’à 100 cm de long, indéhiscente, à paroi ligneuse, sa surface fortement marquée par des lenticelles, gris brun à maturité, contenant un grand nombre de graines. Graines obovoïdes, d’environ 10 mm × 7 mm, à tégument coriace, logées dans une pulpe fibreuse.
Autres données botaniques
Le port et la morphologie foliaire de Kigelia africana sont extrêmement variables. Ceci a mené à la distinction d’une dizaine d’espèces séparées. Actuellement, on admet généralement que Kigelia constitue une seule espèce polymorphe. Malgré la reconnaissance actuelle d’une espèce unique, des synonymes sont continuellement utilisés dans la littérature. Les spécimens se développant dans la forêt ont tendance à avoir des folioles plus grandes avec des apex plus aigus, des bords entiers et un indument dense par rapport aux spécimens de la savane. Des études récentes maintiennent au moins 2 taxons subgénériques en Afrique de l’Est, occupant des milieux de savane et de forêt qui se recoupent.
Anatomie
Description anatomique du bois:
– Caractères macroscopiques:
Bois de cœur brun pâle à jaune rougeâtre.
– Caractères microscopiques:
Cernes habituellement indistincts. Vaisseaux disséminés, environ 11/mm², principalement solitaires mais aussi accollés irrégulièrement par 2–3, avec un diamètre tangentiel moyen de 150µm; perforations uniques; ponctuations intervasculaires avec un diamètre de 8µm; ponctuations radiovasculaires simples; thylles parfois présents. Fibres peu nombreuses, à parois minces ou épaisses, non-cloisonnées, longues d’environ 980µm en moyenne, avec des ponctuations distinctement aréolées. Parenchyme exceptionnellement abondant, présent tant sous forme de parenchyme paratrachéal que sous forme de parenchyme en couches. Rayons environ 7/mm, mais 4/mm également observés, (2–)3–4 cellules de large, toutes les cellules couchées, bien que les cellules marginales soient quelque peu plus courtes et légèrement plus hautes que les cellules centrales des rayons; disposition étagée absente.
Croissance et développement
Dans les régions chaudes, le taux de croissance des jeunes plantes peut dépasser 1 m/an, et l’arbre procurera de bonnes zones d’ombre dans les 5 ans. Dans les climats plus froids, la germination et la croissance végétative sont relativement lentes.
La période de floraison d’un arbre individuel s’étend sur plusieurs mois. Les fleurs s’ouvrent durant la soirée, et restent ouvertes une seule nuit. La corolle tombe dans les 2 jours, laissant le calice persistant, l’ovaire et le style. Les études sur la pollinisation suggèrent que les agents de pollinisation les plus importants sont les chauves-souris. Cependant, les fleurs de Kigelia africana sont rougeâtres à pourprées, contrairement à la plupart des fleurs pollinisées par les chauves-souris, qui sont caractéristées par une couleur blanche ou crème; la forte odeur désagréable est probablement le principal facteur attractif.
Les fruits peuvent rester sur l’arbre jusqu’à 6 mois. Les graines ne sont libérées que lors du pourrissement des fruits lignifiés tombés, ou dispersées lorsqu’elles sont mangées par le gibier ou le bétail. Les éléphants et les rhinocéros sont connus comme agents de dispersion des graines.
Ecologie
Kigelia africana est présent le long des cours d’eau, dans les franges des rivières, dans les forêts alluviales et ouvertes, la savane à forte pluviosité, la brousse et les forêts pluviales. On le trouve sur des sols rouges limono-argileux, quelquefois rocailleux, humides ou tourbeux, depuis le niveau de la mer jusqu’à 3000 m d’altitude.
Multiplication et plantation
Kigelia africana est facilement multiplié par graines; la multiplication végétative par bouture est possible, mais les taux de reprise sont généralement faibles. Il pousse le mieux dans les régions chaudes, à cause de sa sensibilité au froid. Il ne résiste pas au gel, mais de jeunes plantes peuvent survivre si elles sont protégées durant les trois premières années. En Afrique australe on dit qu’il se développe rapidement à partir de semence. Dans d’autres régions, le taux de germination est faible. Il se multiplie aussi par semis naturel, et des boutures ligneuses ont été utilisées avec succès dans des essais. Il peut concurrencer les cultures dans les régions arides où l’eau est un facteur limitant.
Kigelia africana n’est pas un producteur de graines prolifique; le nombre de graines viables par kg de pulpe fibreuse de fruit varie entre 3400 et 9700. Bien que l’on recommande parfois de ne pas les stocker, les graines sèches se conservent bien au frais. Le comportement des graines stockées est orthodoxe; leur viabilité peut être maintenue pendant plus de 3 ans sous vide à température ambiante et une humidité de 11–15%. Bien que le prétraitement ne soit pas essentiel, les graines peuvent être trempées dans de l’eau chaude ou bouillante pendant une minute avant le semis. Les graines sont enfoncées dans des caissettes de semis remplies de sable de rivière pur, recouvertes d’une fine couche de sable ou de compost, et maintenues humides. La germination commence dans les 10–25 jours.
Maladies et ravageurs
La rouille causée par Newinia kigeliae a été signalée.
Ressources génétiques
Kigelia africana n’est pas menacé. Il est largement réparti et commun dans de nombreuses régions. Il est considéré comme assez rare au Kenya. Au Malawi, sa valeur en tant que source de bois pour la construction de pirogues est telle que l’arbre est protégé. Des études sur la variabilité génétique sont nécessaires pour élucider sa grande variation morphologique.
Perspectives
Vu le grand nombre d’applications médicinales dans lesquelles il est utilisé, il y a un énorme champ d’action pour les recherches futures sur Kigelia africana, et il est justifié de développer les études pharmacologiques. Des études se concentrant sur les méthodes de culture et de récolte durable sont nécessaires, en vue d’éviter une mauvaise gestion de l’arbre s’il prend une importance plus commerciale. Son potentiel de contrôle de l’érosion devrait aussi être étudié.
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Auteur(s)
O.M. Grace
c/o Centre for Economic Botany, Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, Surrey TW9 3AE, United Kingdom
S.D. Davis
Centre for Economic Botany, Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, Surrey TW9 3AE, United Kingdom


Editeurs
L.P.A. Oyen
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R.H.M.J. Lemmens
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Editeur des photos
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Citation correcte de cet article:
Grace, O.M. & Davis, S.D., 2002. Kigelia africana (Lam.) Benth.. Fiche de Protabase. Oyen, L.P.A. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.
Carte de répartition Kigelia africana – sauvage


1, feuille; 2, partie de l’inflorescence; 3, fruit; 4, graine
Redessiné et adapté par W. Wessel-Brand



branche en fruits


bouton floral qui s’ouvre


fleurs tombées


jeune fruit


port de l’arbre en fruits