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Widdringtonia whytei Rendle

Protologue
Trans. Linn. Soc. London, Bot. 4: 60 (1894).
Famille
Cupressaceae
Nombre de chromosomes
2n = 22
Synonymes
Widdringtonia nodiflora (L.) Powrie var. whytei (Rendle) Silba (1990).
Noms vernaculaires
Mlanje cedar, mulanje cedar, mlanje cypress (En).
Origine et répartition géographique
Widdringtonia whytei est endémique du mont Mulanje au Malawi. On l’a planté en reboisement au mont Zomba au Malawi et occasionnellement ailleurs.
Usages
Widdringtonia whytei, qui est l’arbre national du Malawi, a été l’une des principales sources de bois résineux au Malawi pendant près d’un siècle. On l’a employé intensivement pour la construction, les meubles, les panneautages et les pieux de clôture. Il est maintenant devenu un rare “bois de prestige”, très recherché comme bois de construction et pour la construction nautique. On l’emploie pour faire des bardeaux de toiture résistants qui prennent une belle patine gris-argent, et on l’a également utilisé pour la fabrication de crayons. On en fait des objets sculptés, des boîtes et des meubles qui sont vendus aux touristes.
Production et commerce international
Le commerce du bois de Widdringtonia whytei a beaucoup diminué, et se limite maintenant à une échelle locale.
Propriétés
Le bois de cœur est jaune ou brun pâle, et est nettement distinct de l’aubier qui est pâle et peu épais. Le fil est droit, le grain fin et régulier. Le bois est résineux et a une odeur persistante de cèdre. La densité du bois est de 530–610 kg/m³ à 17,6% d’humidité. Il se travaille aisément. Il ne prend pas bien la peinture. Les surfaces rabotées ont un brillant satiné. Le bois de cœur est durable et très résistant aux termites, aux insectes térébrants et aux champignons. L’aubier n’est pas sujet aux attaques de Lyctus.
Les fibres du bois ont une longueur de (3,8–)4,4(–5,1) mm, et le bois contient environ 36% de lignine, ce qui est relativement élevé en comparaison d’autres bois résineux. On peut l’utiliser pour la fabrication de papier, mais la teneur élevée en lignine pourrait causer des difficultés lors de la fabrication. La distillation à la vapeur de la sciure fournit un rendement d’environ 10 ml d’huile essentielle par 100 g de matière sèche. Les principaux constituants de cette huile essentielle sont le thujopsène (32%), le cédrol (14%), le thujopsadiène (7%), le widdrol (5%) et le cuparène (4%).
Description
Grand arbre sempervirent, monoïque, atteignant 50 m de haut ; fût généralement rectiligne, dépourvu de branches sur une hauteur atteignant 20 m, jusqu’à 150(–200) cm de diamètre ; écorce externe brun-gris, lisse sur les jeunes arbres, épaisse, spongieuse, fissurée et s’exfoliant en longues bandes sur les arbres âgés, écorce interne brun-rouge ; cime pyramidale, devenant avec l’âge irrégulière ou aplatie au sommet ; branches étalées ou ascendantes. Feuilles opposées décussées sur les plus petits rameaux, disposées en spirale sur les rameaux plus épais, simples, écailleuses, sur les derniers rameaux ovales à rhombiques, de 1,5–3,5 mm × 1–1,5 mm, sur les rameaux principaux jusqu’à 10 mm × 4 mm, apex obtus à aigu, bords supérieurs finement dentés, vert pâle mat. Cône mâle terminal sur de courts rameaux latéraux, solitaire, oblong, de 3–6 mm × 1,5–2 mm, vert jaunâtre lorsque jeune, brun jaunâtre à brun à maturité ; écailles 4–8, opposées décussées, peltées, chacune portant 3–5 sacs polliniques. Cône femelle latéral, parfois terminal, solitaire ou groupé, cône mûr irrégulièrement globuleux, de 15–22 mm de diamètre, brun ou brun noirâtre, renfermant 3–10(–18) graines ; écailles 4(–6), opposées décussées, ligneuses, oblongues, surface externe lisse à rugueuse. Graines ovoïdes, aplaties, de 5–7 mm de long, brun noirâtre ou noires, avec 2 ailes jusqu’à 3 mm de largeur.
Autres données botaniques
Le genre Widdringtonia comprend 4 espèces, toutes en Afrique australe. Widdringtonia whytei a parfois été inclus dans Widdringtonia nodiflora (L.) Powrie (cyprès de montagne ou cyprès du Cap), espèce plus répandue, mais il est maintenant considéré comme une espèce distincte. Widdringtonia nodiflora est un arbuste à tiges multiples ou un arbre de petite à moyenne taille à cime étroite atteignant 25 m de haut, avec un diamètre de fût atteignant 50 cm. Il est réparti depuis le Malawi (y compris au mont Mulanje), en passant par le Zimbabwe et le Mozambique, jusqu’à la province du Cap en Afrique du Sud, et pousse à 100–2600 m d’altitude, principalement dans les fynbos montagnards froids et humides. Contrairement à Widdringtonia whytei, il rejette de souche après le passage du feu et est commun dans les milieux propices au feu. Widdringtonia nodiflora est économiquement bien moins intéressant que Widdringtonia whytei; il est de trop petite taille pour devenir une source importante de bois d’œuvre, et son bois a une densité moindre. On l’emploie pour la construction de huttes, et probablement aussi comme bois de feu. Des plantations étendues de Widdringtonia nodiflora ont été établies, dans la supposition erronée qu’il s’agissait de Widdringtonia whytei. Au Malawi, les premières plantations ont été établies vers 1900 sur le plateau de Zomba, mais comme ailleurs on a utilisé un mélange involontaire de Widdringtonia whytei et de Widdringtonia nodiflora. Comme Widdringtonia whytei, poussant plus lentement, s’est trouvé désavantagé, Widdringtonia nodiflora est devenu l’espèce dominante.
Anatomie
Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois de conifères) :
Cernes de croissance : (40 : limites de cernes distinctes) ; (41 : limites de cernes indistinctes ou absentes) ; 43 : transition graduelle entre le bois initial et le bois final. Trachéides : 44 : ponctuations des parois radiales (principalement) unisériées (bois initial uniquement) ; (45 : ponctuations des parois radiales (principalement) 2-sériées (bois initial uniquement)) ; 56 : torus présent (uniquement dans les ponctuations des trachéides du bois initial) ; 60 : couche verruqueuse visible au microscope optique. Parenchyme axial : 72 : présence de parenchyme axial ; (73 : parenchyme axial diffus (dissémination homogène dans l’ensemble du cerne)) ; 74 : parenchyme axial en lignes tangentielles ; 76 : parois horizontales lisses. Composition des rayons : 85 : parois terminales des cellules du parenchyme des rayons lisses (sans ponctuations) ; 87 : parois horizontales des cellules du parenchyme des rayons lisses (sans ponctuations). Ponctuation des champs de croisement trachéides-rayons : 93 : ponctuations des champs de croisement cupressoïdes (orifice rétréci, ovoïde, entièrement compris dans l’aréole) ; 98 : 1–3 ponctuations par champ de croisement (bois initial uniquement). Taille des rayons : (102 : hauteur moyenne des rayons très faible ( 4 cellules)) ; 103 : hauteur des rayons moyenne (5–15 cellules) ; 107 : rayons exclusivement unisériés.
(P. Baas & I. Heinz)
Croissance et développement
La croissance de Widdringtonia whytei en peuplements naturels est lente. Il ne rejette pas de souche après abattage ou destruction des parties aériennes (par ex. par le feu ou par des rongeurs). Les graines sont dispersées par le vent.
Des peuplements âgés d’une cinquantaine d’années au Malawi avaient un diamètre moyen de fût de 42 cm.
Ecologie
Widdringtonia whytei pousse à l’état disséminé dans la forêt afro-montagnarde à 1800–2550 m d’altitude, dans des régions à précipitations abondantes, dont une grande partie sous forme de brouillard. Aujourd’hui on le trouve surtout dans des vallées protégées du feu. C’est une essence pionnière incapable de se régénérer sous un couvert fermé. C’est pourquoi on trouve des semis soit occasionnellement en lisière de forêt, soit en plus grands nombres après un feu ou un glissement de terrain. Les jeunes arbres sont tués par le feu, mais les sujets plus âgés peuvent survivre à un feu léger, grâce à leur écorce épaisse.
Multiplication et plantation
Widdringtonia whytei est facile à multiplier par graines.
Maladies et ravageurs
Le puceron Cinara cupressi est devenu une menace au Malawi et ailleurs ; il cause une chlorose locale et une abscission des rameaux, et peut tuer les jeunes plantes.
Récolte
Le bois a été intensivement exploité au Malawi en raison de ses nombreux emplois.
Ressources génétiques
Widdringtonia whytei est en grave danger d’extinction. Les menaces principales sont la surexploitation, les feux, l’insuffisance de la régénération et l’invasion de son aire naturelle par Pinus patula Schltdl. & Cham. Il est classé comme en danger dans la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN de 2006. Il est officiellement protégé, et il n’est accordé de permis que pour l’exploitation des arbres morts. On sait qu’il existe une exploitation illicite ou que des arbres sont volontairement tués, du fait que le bois est très recherché et atteint des prix élevés.
Perspectives
Le bois de Widdringtonia whytei est de haute qualité ; il est résistant, durable et a une odeur agréable. L’espèce est cependant sérieusement menacée, et l’exploitation d’arbres vivants est interdite. Une conservation efficace des peuplements subsistants est une nécessité urgente. On préconise de le replanter sur le mont Mulanje au Malawi, mais sa croissance est très lente. Il faut éviter de la planter en mélange avec Widdringtonia nodiflora. L’huile essentielle tirée de la sciure de Widdringtonia whytei n’acquerra pas d’importance sur le marché international parce que le potentiel de production est trop faible, mais elle pourrait trouver des applications dans des produits odorants fabriqués localement.
Références principales
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Autres références
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Sources de l’illustration
• Farjon, A., 2005. A monograph of Cupressaceae and Sciadopitys. Royal Botanical Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 643 pp.
Auteur(s)
M. Brink
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands


Editeurs
D. Louppe
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A.A. Oteng-Amoako
Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana
M. Brink
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Editeurs généraux
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L.P.A. Oyen
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Editeurs traduction française
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J.S. Siemonsma
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Editeur des photos
A. de Ruijter
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article:
Brink, M., 2007. Widdringtonia whytei Rendle. [Internet] Fiche de PROTA4U. Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>. Visité le .
Carte de répartition sauvage


1, port de l'arbre; 2, rameau principal; 3, branche avec cônes femelles; 4, graines.
Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin



forêt, montagnes de Mulanje


forêt, montagnes de Mulanje


port de l'arbre
obtenu de Russ Clare



cônes


pépinière


semis


semis


gaule


sciage


milieu après un feu