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Pelargonium Groupe Rosat

Protologue
Nom de groupe de cultivars proposé dans PROSEA 19 : Essential-oil plants (1999).
Famille
Geraniaceae
Nombre de chromosomes
2n = 77 (heptaploïde)
Synonymes
Pelargonium asperum auct. non Ehrh. ex Willd., Pelargonium graveolens auct. non L’Hér., Pelargonium roseum auct. non Ehrh.
Noms vernaculaires
Géranium rosat (Fr). Rose-scented pelargonium, Bourbon geranium (En).
Origine et répartition géographique
Pelargonium comprend environ 260 espèces, la plupart originaires des régions côtières de l’Afrique du Sud, depuis le Namaqualand jusqu’à Port Elisabeth. De nombreuses espèces de Pelargonium sont tellement faciles à cultiver et sont devenues si populaires comme plante de jardin qu’elles sont à présent cultivées dans le monde entier.
Pratiquement tous les cultivars de Pelargonium cultivés pour l’huile essentielle au parfum de rose, appelée huile de géranium, sont issus en Europe de croisements entre des introductions d’Afrique du Sud et sont donc d’origine hybride. La culture commerciale commença au début du XIXe siècle à Grasse en France. Grasse demeura le centre principal de production jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Suite au changement du contexte économique, la culture n’y est plus pratiquée. La production de Pelargonium Groupe Rosat devint importante en Algérie, au Maroc et à la Réunion sur la base de plantes issues de Grasse, mais après une croissance constante pendant quelques temps la production a décliné. Les plus grands producteurs d’huile de géranium sont actuellement la Chine, l’Egypte, le Maroc et la Réunion, mais des productions assez importantes au niveau local existent en Inde, et dans la péninsule de Crimée, dans le Caucase et au Tadjikistan.
Au Kenya des introductions indépendantes de Pelargonium d’Afrique du Sud (ou peut-être via l’Inde) ont conduit au développement de la filière de la “Mawah oil” au début du XXe siècle. La production a pratiquement cessé durant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, une nouvelle production fut mise sur pied en utilisant du matériel végétal de la Réunion. L’odeur de l’huile produite était intermédiaire entre celle de l’huile de Mawah et celle de l’huile de géranium de la Réunion. La production de cette huile a pratiquement cessé lorsque le Kenya accéda à l’indépendance en 1963.
Usages
Pelargonium Groupe Rosat est cultivé pour l’huile essentielle extraite des parties feuillées. Cette huile au parfum de rose est une des fragrances les plus utilisées et l’un des composants essentiels de la plupart des parfums et des savons à la senteur de rose. Les extraits de feuilles de Pelargonium Groupe Rosat ont des propriétés répulsives contre les limaces. En Inde, l’huile essentielle a montré une activité nématicide contre Meloidogyne incognita. A Singapour, les femmes malaises insèrent parfois une feuille de Pelargonium parfumée dans leurs cheveux.
Production et commerce international
Le principal producteur d’huile de géranium dans le passé était la Réunion et son huile fixe toujours le standard face auquel les huiles d’autres origines sont appréciées. La Chine est devenue aujourd’hui le principal producteur. Les autres principaux producteurs sont l’Egypte, le Maroc, la Réunion, l’Inde et l’ancienne Union soviétique. La production annuelle mondiale est d’environ 300 t, alors que la demande est estimée à 500 t. Les principaux importateurs sont les Etats-Unis, l’Europe et le Japon. La production de l’Inde et de l’ancienne Union Soviétique est utilisée entièrement sur place. Pelargonium Groupe Rosat est cultivé généralement par de petits producteurs. Il entre souvent en culture intercalaire, par ex. dans les vergers ou avec des légumes secs. La mécanisation et la distillation deviennent des investissements rentables pour des plantations de 200–300 ha.
Propriétés
L’huile de géranium fraîchement distillée à la vapeur à partir du feuillage de Pelargonium Groupe Rosat est un liquide fluide, vert pâle, avec une note de tête peu agréable due en partie à la présence de sulfure de diméthyle. Cette note disparaît par une aération adéquate ou par vieillissement de l’huile. Lorsque l’huile vieillit, la couleur verte s’atténue, l’huile devient plus jaune et son odeur acquiert un cœur de feuille verte et de rose avec des notes de menthe et une note de fond herbacée de rose sucrée durant environ 5 jours. Les composants de la fragrance sont stables en condition légèrement alcaline, par ex. dans un savon. L’huile de géranium n’est utilisée que rarement comme arôme en raison de son goût amer.
Les principaux composants chimiques de l’huile de la Réunion sont: géraniol, citronellol, isométhone, formate de géranyl, formate de citronellyl, linalool, guaia-6,9-diene et cis-rose-oxyde. Bien que les proportions des composants puissent varier et que les huiles de différentes origines puissent être distinguées par leur odeur, les huiles de géranium ont une composition assez régulière. “Rhodinol ex Geranium” et “Terpeneless Geranium oil” sont des fractions sélectionnées d’huile de géranium distillée sous vide. Dans ce processus de distillation, les monoterpènes et quelques autres composants à point d’ébullition bas sont éliminés comme le sont généralement aussi les fractions de queue de distillation. L’odeur de l’huile de géranium sans terpènes varie en fonction du fournisseur. “Rhodinol ex Geranium” a un arôme régulier et tenace, délicieusement doux, frais et rosé, et est amplement utilisé en parfumerie.
Au Maroc, le feuillage de Pelargonium Groupe Rosat est souvent extrait avec des éthers de pétrole pour donner de la concrète de géranium, qui peut ensuite être distillée pour produire de l’absolue de géranium. La concrète est une substance vert foncé ou vert brunâtre cireuse ayant une odeur terreuse-herbacée intense, quelque peu rosée âcre avec une note de feuillage vert et est de grande ténacité. Elle est utilisée dans des savons de luxe. L’absolue est un liquide vert ou vert sombre avec une odeur intense et très forte. Les notes de tête de feuillage-vert sont assez prononcées mais les notes de cœur et de fond sont caractérisées par de riches notes de rose avec une sous-note de menthe. L’odeur est moins âcre et plus tenace que celle de l’huile distillée à la vapeur. L’essence absolue entre dans des bases de rose haut de gamme qui sont utilisées dans une grande variété de parfums. L’huile de géranium a été approuvée par la Food and Drug Administration (FDA) des Etats-Unis pour l’usage alimentaire sous le paragraphe 182.20. L’huile a été “généralement reconnue comme saine” aux Etats-Unis (GRAS No 2508) et est enregistrée par le Conseil de l’Europe sous le numéro 324n. L’huile de géranium est utilisée dans les produits alimentaires ainsi que dans les boissons alcoolisées et non-alcoolisées. Les concentrations sont inférieures à 0,001% (10 ppm) dans les produits finis.
Falsifications et succédanés
L’huile de géranium est parfois frelatée avec du citronellol et du géraniol synthétiques.
Description
Arbrisseau très ramifié, plus ou moins érigé, jusqu’à 1,4 m de haut et 1 m de diamètre au niveau de la cime, à parfum de rose prononcé, avec un système racinaire étalé, étendu et superficiel, pénétrant rarement à une profondeur de plus de 30 cm; tige tendre, gris vert, velue, devenant plus sombre et ligneuse avec l’âge. Feuilles opposées ou alternes, molles, parfumées, hirsutes avec des poils glandulaires et non-glandulaires; stipules asymétriques triangulaires, d’environ 6 mm × 4 mm; pétiole jusqu’à 3 cm de long; limbe à contour ovale, de 7 cm × 5 cm, 5–7-palmatifide à palmatiséqué, base cordiforme, apex obtus, bords quelque peu révolutés. Inflorescence terminale, en tête, avec 5–10 fleurs dans une petite pseudo-ombelle compacte; pédoncule jusqu’à 6 cm de long. Fleurs zygomorphes, 5-mères, rose violet; réceptacle formant un hypanthium avec un éperon nectarifère s’ouvrant à la base du sépale postérieur, l’extrémité inférieure de l’éperon épaissie et munie d’une glande nectarifère; sépales lancéolés, imbriqués, inégaux, connés à la base, vert brun; pétales libres, spatulés, les deux postérieurs plus larges que les trois antérieurs; étamines 10, connées à la base, staminodiales; ovaire supère, 5-lobé, style filiforme, stigmate avec 5 fines branches recourbées. Fruit non formé.
Autres données botaniques
La plupart des espèces de Pelargonium se rencontrent en Afrique du Sud, plusieurs sont connues d’Afrique de l’Est, deux de Turquie et d’Iraq, et plusieurs se rencontrent dans le sud-est de l’Australie et en Tasmanie, certaines d’entre elles ayant peut-être été introduites d’Afrique du Sud ou développées à partir de telles introductions, mais on suppose, en se basant sur la séquence de l’ADN, que la plupart d’entre elles proviennent d’une seule dispersion à la fin du Pliocène. Les pélargoniums sont communément appelés géraniums dans le commerce et par les utilisateurs. Cependant, au niveau botanique, le genre Geranium est différent du genre Pelargonium. Les espèces de Geranium (environ 400) ont des fleurs régulières avec 10 étamines fertiles et sans éperon à nectar; les espèces de Pelargonium (environ 260) ont des fleurs irrégulières avec seulement 2–7 étamines fertiles et un éperon à nectar adné au pédicelle.
Beaucoup d’espèces de Pelargonium contiennent de l’huile essentielle mais aucune espèce sauvage n’est directement impliquée dans la production commerciale d’huile. Trois espèces sauvages sont indirectement impliquées dans le développement de cultivars commercialisés pour l’huile essentielle, principalement par hybridation et ensuite par multiplication végétative:
Pelargonium capitatum (L.) L’Hér.: 2n = 66 (hexaploïde). Sous-arbrisseau étalé, très ramifié, dégageant un parfum de rose, jusqu’à 1 m de haut, avec des feuilles 3–5-lobées ou -partites, velues, crépues, fleurs rose pâle à rose pourpre dans une pseudo-ombelle ressemblant à une tête, comportant de 8–20 fleurs et avec le pédicelle plus court que l’hypanthium. Il pousse à l’état sauvage sur la plupart des côtes du sud de l’Afrique du Sud et sur les dunes et plateaux sableux.
Pelargonium graveolens L’Hér.: 2n = 88 (octoploïde). Synonyme: Pelargonium asperum Ehrh. ex Willd. Arbrisseau érigé, très ramifié, dégageant un fort parfum de rose, jusqu’à 1,3 m de haut, avec des feuilles palmatipartites à pennatiséquées, molles au toucher (velues) et avec des segments pennatipartites à pennatiséqués irréguliers, fleurs blanches à pourpre rosé dans une pseudo-ombelle de 3–7 fleurs, pédicelle habituellement plus court que l’hypanthium. Il pousse à l’état sauvage dans les zones montagneuses du sud de l’Afrique, et est signalé au Zimbabwe, au Mozambique et en Afrique du Sud (au nord du Transvaal et dans le sud-est de la Province du Cap).
Pelargonium radens H.E.Moore: 2n = 88 (octoploïde). Synonyme: Pelargonium radula (Cav.) L’Hér. Arbrisseau érigé, très ramifié, dégageant un parfum de rose, jusqu’à 1,5 m de haut, avec des feuilles palmatiséquées à pennatiséquées avec des segments étroits, pennatiséqués, scabres, fleurs pourpre rosé dans une pseudo-ombelle de 3–8 fleurs et le pédicelle aussi long que l’hypanthium. Il pousse à l’état sauvage dans les régions côtières du sud de la Province du Cap en Afrique du Sud, souvent dans des habitats montagneux assez humides.
Pelargonium Groupe Rosat réunit les cultivars donnant l’huile de géranium commerciale au parfum de rose. Ce groupe trouve son origine dans les cultivars qui ont été cultivés longtemps à Grasse (France) et qui ont été ensuite distribués de là dans toutes les régions principales de production. Il n’est pas clair si des introductions ultérieures indépendantes ont contribué au complexe d’hybrides, ni dans quelles proportions. Le cultivar typique et le plus important au niveau commercial de la Réunion est ‘Rosé’, un hybride entre Pelargonium capitatum et Pelargonium radens. D’autres cultivars sont peut-être des hybrides de Pelargonium capitatum et Pelargonium graveolens. La plupart de ces cultivars ont 77 chromosomes, et leurs morphologies et leurs rendements en huile essentielle sont aussi compris entre ceux de leurs parents. Cependant, la composition de l’huile dépend du parent Pelargonium capitatum, qui transmet la capacité de synthétiser du géraniol et du citronellol plutôt que de l’isomenthone. En outre, la présence de guaia-6,9-diene est aussi héritée de Pelargonium capitatum. Les cultivars de la Réunion sont typiques de Pelargonium Groupe Rosat. Des recherches futures devraient délimiter plus clairement le groupe de cultivars.
Avant qu’il ne soit prouvé que les cultivars du Groupe Rosat de la Réunion sont des hybrides de Pelargonium capitatum et Pelargonium radens, les pélargoniums cultivés pour l’huile essentielle étaient souvent appelés Pelargonium graveolens, Pelargonium roseum ou Pelargonium asperum dans la littérature botanique, avec peu d’attention pour la précision botanique. Le nom Pelargonium roseum a été attribué par différents auteurs à 3 combinaisons hybrides différentes (l’une d’entre elles comprend peut-être des cultivars du Groupe Rosat mais le nom n’est pas le plus ancien et devrait être rejeté). Pelargonium ×asperum fut proposé par H.E.Moore comme le nom correct pour l’hybride de Pelargonium graveolens et Pelargonium radens. Comme Pelargonium graveolens n’est pas impliqué dans l’origine des cultivars typiques du Groupe Rosat, Pelargonium graveolens et Pelargonium ×asperum ne sont pas des noms acceptables. De plus, une classification en groupes de cultivars est plus appropriée pour des plantes cultivées; pour cette raison le nom Pelargonium Groupe Rosat est préféré.
Les “pélargoniums à feuilles odorantes” forment un groupe de cultivars différent cultivé à des fins ornementales. Ce groupe contient des cultivars avec une grande variété de ports et de feuillages, souvent avec de nombreuses petites fleurs, et caractérisés par leurs fragrances. Leurs parfums varient et peuvent être pomme, pêche, orange, citron, noix de muscade, menthe poivrée, baume ou rose. ‘Attar of Roses’ et ‘Clorinda’ (parfum de rose), ‘Chocolate Peppermint’ et ‘Joy Lucille’ (parfum de menthe poivrée), ‘Mabel Grey’ et ‘Lady Mary’ (parfum de citron), ‘Peach Cream’ (parfum de pêche), ‘Prince of Orange’ (parfum d’orange) et ‘Viscosissimum’ (parfum balsamique) sont des cultivars bien connus. Leurs relations avec les espèces sauvages ayant des feuilles parfumées devraient être plus étudiées, par ex. la relation avec Pelargonium crispum (Bergius) L’Hér. (parfum de citron), Pelargonium fragrans Willd. (parfum de noix de muscade), Pelargonium odoratissimum (L.) L’Hér. (parfum de pomme) et Pelargonium tomentosum Jacq. (parfum de menthe poivrée). Bien que les huiles essentielles extraites de Pelargonium soient appelées huile de géranium dans le commerce, seul une véritable espèce de Geranium est cultivée commercialement pour son huile essentielle: Geranium macrorrhizum L., donnant l’huile zdravetz. Toute l’huile zdravetz est produite dans des peuplements naturels gérés en Bulgarie, l’ancienne Yougoslavie et l’ancienne Union soviétique.
Croissance et développement
La teneur en huile de Pelargonium Groupe Rosat change durant le développement. En Israël, on a observé qu’au début de la floraison elle est de 1,2 g par 100 g de matière sèche, puis augmente graduellement jusqu’à 1,3% pendant la pleine floraison, diminue à 1,2% une semaine plus tard et à 0,6% à la fin de la floraison. En pleine floraison, la teneur en huile est la plus élevée dans les fleurs (3,3%), suivies par les feuilles (1,8%). Les tiges ne contiennent que des traces d’huile. A la Réunion, les principales périodes de floraison sont avril–mai et août–septembre.
Ecologie
Pour une croissance optimale, Pelargonium Groupe Rosat demande une pluviosité annuelle moyenne de 1000–1500 mm. La pluviosité peut être répartie d’une manière homogène, mais une période de sécheresse de trois mois améliore le rendement en feuillage et la teneur en huile. Cependant, l’huile produite après une période humide de trois mois a une note légèrement plus douce et une teneur plus élevée en géraniol. De fortes pluies combinées avec de la brume ou du brouillard peuvent conduire à la pourriture de la racine ou de la tige. Les plantes sont exigeantes en luminosité; un temps nuageux diminue la croissance foliaire et la teneur en huile. Une température de jour moyenne de 20–25ºC est optimale, mais la croissance est acceptable à 15–30ºC et des températures maximales absolues de 42ºC pendant plusieurs semaines sont tolérées à Hyderabad, en Inde. La croissance s’arrête à 6ºC; le gel et même l’exposition prolongée à des températures de 3ºC tuent les plantes. C’est pourquoi dans les régions tempérées il est cultivé comme culture annuelle. A la Réunion Pelargonium Groupe Rosat peut être cultivé jusqu’à 1400 m d’altitude, cependant du niveau de la mer jusqu’à 400 m d’altitude d’autres cultures sont plus lucratives. Sur les hauts plateaux du Kenya il est cultivé à 2000–2500 m d’altitude, dans le sud de l’Inde à 1200–1500 m. L’altitude et la température ont une influence prononcée sur le caractère de l’huile. Dans un essai en Inde, le rendement en feuillage et en huile à 900 m d’altitude était plus élevé qu’à 550 m et 2200 m. A des altitudes inférieures, l’huile essentielle était plus riche en isomenthone et formate de citronellyl, à des altitudes plus élevées en menthone, citronellol et géraniol. A l’altitude la plus faible la teneur en oxydes de rose était significativement plus élevée qu’à d’autres altitudes. Les températures maximales élevées réduisent la teneur en huile, mais augmentent la teneur en citronellol et formate de citronellyl. A la Réunion les cyclones provoquent souvent des ravages dans les champs de Pelargonium; les sols saturés en eau par des pluies prolongées associées aux cyclones provoquent également des dégâts importants.
Pelargonium Groupe Rosat se développe le mieux sur des sols fertiles, bien drainés, légèrement sableux avec un pH de 5,5–8,0. Des sols argileux lourds, et des sols alcalins et très acides ne sont généralement pas appropriés. L’inondation n’est pas tolérée. Des cultivars sélectionnés peuvent tolérer une salinité faible à modérée.
Multiplication et plantation
Pelargonium Groupe Rosat est multiplié végétativement, principalement par bouture de tige. Les méthodes de micropropagation ont donné d’excellents résultats, mais sont plus onéreuses.
Des boutures de tiges feuillées de 15–20 cm de long avec 4–6 nœuds et un bourgeon terminal sont prélevées sur des plantes saines. Environ 20–25 boutures peuvent être prélevées sur une plante vigoureuse. La plantation directe est courante et les taux de reprise sont élevés quand le sol est humide, mais la plantation en pépinière est également pratiquée. Avant la plantation de la bouture, les feuilles inférieures sont éliminées et la base de la tige est coupée en oblique puis immergée dans un fongicide. Les boutures doivent être plantées directement après leur préparation. 30000 à 50000 boutures sont nécessaires par ha. Des équipements pour la mécanisation de la plantation sont disponibles, mais la plantation manuelle est courante. Avant la plantation, une préparation soignée du sol et l’élimination des mauvaises herbes ainsi que des résidus de récolte sont essentielles, du fait que Pelargonium Groupe Rosat est très sensible aux infections racinaires et que les mauvaises herbes sont difficiles à éliminer dans une culture établie.
Gestion
Un sarclage régulier de Pelargonium Groupe Rosat est nécessaire jusqu’au moment où la culture est bien établie. Celui-ci doit être réalisé avec soin pour ne pas endommager le système racinaire superficiel. Des herbicides ont été utilisés avec succès et devraient être appliqués en jet dirigé avec des déflecteurs contre la dérive. Pour les petits producteurs qui généralement pratiquent le désherbage manuel, une application localisée contre les mauvaises herbes persistantes est recommandée.
L’absorption des éléments fertilisants est élevée, mais les quantités mentionnées varient fortement. A la Réunion, une récolte de 7 t/ha de feuillage frais exporte une quantité estimée à 100 kg de N, 14 kg de P, 134 kg de K, 179 kg de Ca, 15 kg de Mg et 10 kg de S; en Inde une estimation des quantités d’éléments exportées par une récolte similaire était de 110 kg de N, 25 kg de P, 40 kg de K, 45 kg de Ca et 30 kg de Mg. Les engrais ont peu d’effet sur la teneur en huile du feuillage. Lorsque des possibilités d’irrigation existent pour d’autres cultures dans la rotation, une irrigation complémentaire est recommandée durant les périodes sèches et pour stimuler la repousse après la récolte. La durée de vie économique d’une plantation bien conduite peut être de 10 ans. Elle ne devrait pas être inférieure à 5–7 ans car les coûts d’implantation sont élevés. Après cette période la rotation avec d’autres cultures est recommandée.
Maladies et ravageurs
Dans Pelargonium Groupe Rosat, les maladies causent en général plus de dégâts que les ravageurs. Les plus dommageables sont les maladies foliaires comme l’anthracnose (provoquée par Glomerella, Gloeosporium et Colletotrichum spp.), les taches foliaires (provoquées par Alternaria, Cercospora, Fusarium spp.), et la rouille (provoqué par Puccinia pelargonii-zonalis). Pelargonium vitifolium (L.) L’Hér. présente une bonne résistance à l’anthracnose et a été utilisé dans des programmes de sélection à la Réunion. Les pourritures de racines et de tiges peuvent engendrer des dégâts sévères dans de nouvelles plantations, mais peuvent être contrôlées par immersion des boutures dans une solution fongicide avant la plantation. Des plantes établies peuvent être infectées lorsque l’humidité du sol est importante ou pendant des périodes de forte humidité de l’air. Des agents causaux fréquemment cités comprennent Xanthomonas pelargonii qui entraîne la pourriture noire, Pythium spp. qui entraîne la pourriture des racines et Sclerotinia spp. qui engendre la pourriture des tiges et des racines. L’application d’un fongicide sur la ligne de plantation après la récolte peut souvent prévenir une attaque. La résistance à certaines maladies a été mise en évidence dans des sélections indiennes et chez certains cultivars ornementaux. Plusieurs virus pathogènes ont été isolés chez Pelargonium, seules donc des boutures indemnes de virus doivent être utilisées pour la multiplication. Des dégâts dus aux nématodes ont été observés mais ceux-ci ne semblent provoquer que peu de dégâts, peut-être en raison des propriétés nématicides de l’huile de géranium. Les plantes de Pelargonium cultivées pour leur huile essentielle sont beaucoup moins affectées par les insectes que les cultivars ornementaux.
Un grand nombre d’insectes ont été répertoriés, y compris des pucerons, chenilles, myridés, cochenilles, mouches blanches, mais l’emploi d’insecticides est rarement justifié, notamment à cause du fait que les résidus d’un grand nombre d’insecticides peuvent dégrader la qualité de l’huile.
Récolte
En conditions favorables, la première récolte de Pelargonium Groupe Rosat peut être pratiquée sur une culture de 6–8 mois. Une coupe trop précoce peut entraîner la perte de plantes et retarder la repousse. Les récoltes suivantes s’effectuent 2–3 fois par an. Pour obtenir un rendement maximum en huile, il faut prélever des échantillons dans la culture régulièrement afin de déterminer sa teneur en huile, mais la période de coupe est normalement fonction de la taille de la plante et de la floraison. La coupe est réalisée soit manuellement soit mécaniquement, généralement à une hauteur d’environ 12–20 cm au-dessus du sol. Des essais au champ devraient établir la hauteur optimale de coupe, vu que pratiquement toute l’huile est contenue dans les 15 cm les plus hauts de la plante. La récolte a lieu de préférence par temps légèrement nuageux mais sec. De fortes pluies ou plusieurs jours brumeux peuvent réduire la teneur en huile de moitié; la coupe dans ce cas doit être reportée jusqu’au moment où la teneur en huile est revenue à la normale. Les branches coupées doivent être directement chargées sur une charrette. Toute contamination avec de la terre, notamment si elle est riche en fer ou en aluminium, peut affecter la qualité de l’huile.
Rendements
Les rendements annuels en feuillage de Pelargonium Groupe Rosat sont à la Réunion de 15–30 t/ha, la moyenne étant de 18 t/ha, donnant 5–20 kg d’huile. En Inde le rendement moyen est de 6–10 t/ha et peut atteindre 20 t/ha.
Traitement après récolte
Le fanage du feuillage de Pelargonium Groupe Rosat avant la distillation peut augmenter l’efficacité de la distillation, mais doit être conduit de manière soigneuse pour éviter toute contamination avec la terre et la perte d’huile suite à une forte insolation. L’huile de géranium est obtenue par distillation à l’eau ou à la vapeur, la méthode de distillation ayant peu d’influence sur la qualité de l’huile. A la Réunion, l’huile est produite par des paysans utilisant de petits alambics simples. La qualité de l’huile désirée est maintenue par les acheteurs qui mélangent de nombreux petits lots d’huile. Les équipements modernes de distillation à la vapeur sont chargés soit directement, soit après hachage du feuillage. La charge ne doit pas être trop compactée pour éviter de canaliser la vapeur et de provoquer localement des surchauffes. Comme des quantités significatives de composants aromatiques restent dans l’eau de distillation, la cohobation est pratiquée. Jusqu’à 25% du rendement en huile peut être obtenu par l’extraction au solvant de l’eau de distillation. Cette “huile secondaire” a une plus forte teneur en alcool libre, mais contient moins d’ester. L’eau résiduelle dans les alambics chauffés directement contient une huile différente. Cette huile doit être écartée car elle contient des composés indésirables, probablement suite à la surchauffe. L’huile brute doit être séchée, filtrée et stockée dans des contenants opaques, de préférence à une température inférieure à 10ºC. A une température supérieure, la teneur en esters diminue et la teneur en acides augmente.
L’extraction au solvant du feuillage donne une essence concrète qui, pour la plupart des utilisations, doit être distillée avec de l’alcool pour en éliminer la cire.
Ressources génétiques
Des collections de ressources génétiques de Pelargonium Groupe Rosat ont été réalisées à la Horticultural Research Station, à Kodaikanal en Inde, et à l’Indian Institute of Horticultural Research, à Bangalore, en Inde. Des études morphologiques et de rendement (feuillage et huile) ont été réalisées pour identifier des souches prometteuses.
Sélection
Le travail de sélection dans Pelargonium Groupe Rosat est entravé par la stérilité mâle de la plupart des cultivars. Le travail principal de sélection s’est pour cette raison appuyé sur la sélection de plantes supérieures. Des cultivars avec un haut potentiel de rendement et une haute teneur en huile ont été sélectionnés en Inde, par ex. ‘PG-7’, ‘PG-20’, ‘Alg-4n’. Une tolérance aux fortes pluies et à la pourriture des pousses qui y est associée a été découverte chez certains cultivars. Des cultivars à haute teneur en géraniol et à résistance modérée au flétrissement ont été identifiés en Egypte. En Inde, un mutant caractérisé par des étamines fertiles et des caractères de gigantisme a été découvert chez un cultivar originaire de la Réunion. Les hybrides entre ce mutant et un cultivar capable de produire des graines (‘Alg-4n’) constituent la base d’un programme de sélection.
Perspectives
Du fait de la forte demande en huile de géranium, Pelargonium Groupe Rosat demeurera une culture importante. Son adaptabilité aux conditions tropicales, et l’uniformité relative de l’huile de géranium de différentes origines semblent justifier d’essayer son implantation dans des régions tropicales où il n’est pas encore cultivé et qui réunissent les conditions écologiques de base nécessaires. De plus amples recherches sont nécessaires pour délimiter plus clairement le groupe de cultivars et pour clarifier ses origines et affinités, ce qui est essentiel pour développer des programmes de sélection efficaces.
Références principales
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Autres références
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Sources de l’illustration
• Oyen, L.P.A. & Nguyen Xuan Dung (Editors), 1999. Plant Resources of South-East Asia No 19. Essential-oil plants. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 277 pp.
Auteur(s)
U.A. Dasuki
Department of Biology, Bandung Institute of Technology, Jalan Ganesha 10, Bandung 40132, Indonesia
Basé sur PROSEA 19: ‘Essential-oil plants’.

Editeurs
L.P.A. Oyen
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
R.H.M.J. Lemmens
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Editeurs associés
S.D. Davis
Centre for Economic Botany, Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, Surrey TW9 3AB, United Kingdom
M. Chauvet
Bureau national de PROTA pour la France, Pl@ntNet, UMR AMAP, TA A-51/PS1, Boulevard de la Lironde, 34398 Montpellier Cédex 5, France
J.S. Siemonsma
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Editeurs traduction française
M. Chauvet
Bureau national de PROTA pour la France, Pl@ntNet, UMR AMAP, TA A-51/PS1, Boulevard de la Lironde, 34398 Montpellier Cédex 5, France

Citation correcte de cet article:
Dasuki, U.A., 2002. Pelargonium Groupe Rosat [Internet] Fiche de PROTA4U. Oyen, L.P.A. & Lemmens, R.H.M.J. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>. Visité le .
Carte de répartition planté


branche en fleurs
Source: PROSEA