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Triumfetta pentandra A.Rich.

Protologue
Fl. Seneg. tent. : 93, t. 19 (1831).
Famille
Tiliaceae (APG: Malvaceae)
Noms vernaculaires
Fivestamen burbark (En).
Origine et répartition géographique
Triumfetta pentandra est réparti dans l’ensemble des zones tropicales. Il est répandu dans toutes les régions sèches d’Afrique tropicale, depuis le Cap-Vert, la Mauritanie et le Sénégal jusqu’en Erythrée et en Ethiopie, et vers le sud jusqu’en Namibie, au Botswana, au Zimbabwe, au Mozambique, à Madagascar, à l’île de la Réunion et à l’île Maurice.
Usages
L’écorce est une source de fibre qui sert à faire de la ficelle et des lignes de pêche. L’écorce des pousses vertes fournit du mucilage servant à rendre les soupes et les sauces gluantes. La feuille est consommée comme légume cuit. La plante produit du fourrage de qualité médiocre. Au Congo, les copeaux de racines fraîches s’appliquent sur les plaies et petites blessures. La feuille broyée s’applique en emplâtres pour le traitement des goitres et des difformités. En médecine vétérinaire au Burundi, le jus des feuilles s’administre en traitement de la theilériose.
Propriétés
Les indications relatives à la qualité des fibres ne concordent pas. D’après certains sources, la fibre ne serait que de qualité moyenne ; en Inde cependant, on la dit souple, filable et plus proche de la qualité du jute que Triumfetta rhomboidea Jacq.
Botanique
Plante herbacée annuelle érigée atteignant 2 m de haut ; tige souvent ligneuse à la base, succulente, rougeâtre ou verte, scabre à poils étoilés à poilue. Feuilles alternes, simples ; stipules étroitement triangulaires, atteignant 7 mm de long, brun foncé, poilues ; pétiole atteignant 10 cm de long, poilu ; limbe elliptique à rhombique-orbiculaire, parfois plus large que long, de 1–12 cm × 0,5–9 cm, non lobé ou faiblement 3-lobé sur 1/5 de la base, à lobes latéraux parfois légèrement divergents, base arrondie à cunéiforme, apex aigu à acuminé, bord à 1(–2) dents, membraneux, face supérieure tantôt à poils doux, tantôt subscabre, tantôt glabre, face inférieure à poils étoilés doux à subscabre, à glandes elliptiques cratériformes. Inflorescence terminale très ramifiée, atteignant 45 cm de long, nœuds inférieurs à feuilles légèrement réduites, devenant plus linéaires et réduites vers le sommet, nœuds espacés de 1,5–4 cm, chacun avec 1–5 cymes, cyme à 1(–3) fleurs ; pédoncule jusqu’à 3 mm de long, poilu comme la tige ; bractées étroitement triangulaires, de 1,5–2 mm de long. Fleurs bisexuées, régulières ; pédicelle atteignant 3 mm de long ; sépales 5, libres, elliptiques-linéaires, de 2–4 mm de long, à poils étoilés disséminés à l’extérieur, à épine apicale de 0,5 mm de long ; pétales 5, libres, en cuillère, de 3–3,5 mm × 0,5–1 mm, jaunes ou verts, pourvus d’un onglet basal, partie basse de 0,5 mm de l’onglet à poils disséminés sur le bord ; étamines 5(–13) ; ovaire supère, 2-loculaire, légèrement poilu. Fruit : capsule ovoïde non déhiscente de 4–10 mm × 3–6 mm (épines comprises), à 65–90 épines brun foncé pointant vers l’avant, chacune généralement glabre hormis une rangée de poils blancs brillants et chacune surmontée au sommet d’un poil transparent, recourbé, orienté vers l’avant, à 2–4 graines. Graines de 1,5–2,5 mm de long.
Au Bénin, Triumfetta pentandra fleurit en septembre et fructifie en octobre.
Triumfetta est un genre pantropical d’environ 100 espèces. La classification des espèces est principalement basée sur les caractéristiques du fruit. Triumfetta pentandra s’apparente étroitement à Triumfetta rhomboidea Jacq., et ces deux espèces sont difficiles à distinguer au stade végétatif, bien que la feuille de Triumfetta rhomboidea ait souvent un limbe plus profondément 3-lobé et dont la face inférieure est plus tomenteuse. Au stade sexué, Triumfetta pentandra se distingue facilement par sa fleur, qui ne possède habituellement que 5 étamines, et par son fruit de forme ovoïde et le plus souvent glabre. Cependant, Triumfetta pentandra var. homoiotrichia Chiov., qui n’est connu qu’en Somalie, a des fleurs à 13 étamines et un fruit à épines entièrement poilues.
Ecologie
Triumfetta pentandra est présent du niveau de la mer jusqu’à 1700 m d’altitude, en forêt-galerie, en forêt claire, en savane herbeuse, dans les endroits marécageux, les zones anciennement cultivées et les endroits perturbés, souvent partiellement ombragés. C’est aussi une adventice des cultures. Au nord du Cameroun, sa présence est parfois une indication de la dégradation du sol.
Gestion
Au nord du Burkina Faso, Triumfetta pentandra sert localement de culture intercalaire au mil à chandelle. Lorsque les espèces de Triumfetta sont cultivées pour le mucilage, on prélève des boutures de 15–20 cm de long à l’extrémité des tiges récoltées. Comme l’ensoleillement direct ne convient pas bien à cette culture, les boutures sont généralement plantées à l’ombre d’un arbre. On les plante en cercle, espacées de 10–15 cm. Si la bouture n’est pas plantée bien droite, des racines adventives peuvent se développer et réduire la capacité de la plante à produire du mucilage. Pour cette raison, certains agriculteurs attachent les boutures à une plante plus haute comme par ex. le bananier plantain, pour s’assurer d’une croissance rectiligne. Hormis cela, la gestion des plantes de Triumfetta cultivées pour le mucilage se limite au désherbage et à quelques arrosages pendant les périodes de sécheresse. On récolte les tiges destinées au mucilage en les coupant juste au-dessus du niveau du sol lorsqu’elles font 75–100 cm de long. La préparation consiste à ôter toutes les feuilles ainsi que le tronçon terminal où la tige a un diamètre inférieur à 1 cm. Les baguettes ainsi obtenues sont soit emportées à l’exploitation soit liées en bottes et portées au marché.
Ressources génétiques et sélection
Etant donné sa vaste répartition et la diversité de son milieu, Triumfetta pentandra n’est pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Triumfetta pentandra constitue une source locale de fibres, de mucilage, de fourrage et de remèdes. On manque toutefois de données cohérentes et détaillées sur les propriétés de ses fibres, ce qui complique l’évaluation des perspectives de cette espèce.
Références principales
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Autres références
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Auteur(s)
M. Brink
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands


Editeurs
M. Brink
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
E.G. Achigan Dako
PROTA Network Office Africa, World Agroforestry Centre (ICRAF), P.O. Box 30677-00100, Nairobi, Kenya
Editeurs traduction française
M. Chauvet
Bureau national de PROTA pour la France, Pl@ntNet, UMR AMAP, TA A-51/PS1, Boulevard de la Lironde, 34398 Montpellier Cédex 5, France
J.S. Siemonsma
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Editeur des photos
G.H. Schmelzer
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article:
Brink, M., 2010. Triumfetta pentandra A.Rich. [Internet] Fiche de PROTA4U. Brink, M. & Achigan-Dako, E.G. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>. Visité le .
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